LES HOMMES MAYAS OU LES HOMMES DE MAÏS

 

LA CULTURE INDIGENE

« La nation mexicaine a une composante pluriculturelle sous-tendue à l'origine par les peuples autochtones. La loi protégera et promouvra le développement de leurs langues, leurs cultures, leurs usages, leurs habitudes, leurs ressources, leurs modes spécifiques d'organisation sociale et leur assurera l'accès réel à la juridiction de l'État… » C. Salinas de Gortari

Iniciativa de decreto que adiciona el Artículo 4o. de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanospara el reconociminto de los derechos culturales de los pueblos indígenas

México : le 7 décembre 1990.

 

La langue et l'écriture

'indyo'otik 'indyo'otik ................................. Indiens nous sommes avec fierté

maklayik lek jmoj jumasa’ .......................... sans honte, entendez bien ;

mi lak'ixwitik xila dyos ............................... frères Indiens, soyez sûr,

'a’nima wan tze'nel ja jnal .......................... même si le patron rit.

jel tzamal lek ja k'umaltik ........................... Notre langue est belle,

'elta k’ixwel b'a kaltziltik ............................ la honte c'est fini,

tojol juna tojol jwextik ................................ jupe tojol, tojol caleçon,

wa xlapatik 'indyo’tik ................................. habit d'Indien c'est le nôtre.

sjapa ki'itik ja jlu’umtik............................... On nous a pris, ce fut un vol,

sjapa ki'tik ja jb'i'iltik .................................. terre et nom et religion ;

jel koraja b'a ka1tziltik ............................... furie nous remplit le coeur ;

jmolj'aljeltik ch'akta k'ixwel ........................ la honte c'est fini.

Carlos Lenkersdorf . " Les hommes véritables " Edition Ludd Paris 1998 Traduit par Joani Hocquenghem

 

Popol Vuh et Chilam Balam

Les sytèmes normatifs internes

Démocratie participative

Les autorités

Le système des charges

CHARGE: Espagnol régional : cargo, n.m. : autorité coutumière.

Terme générique qui désigne une responsabilité villageoise de poids social consistant. Kuch en tzotzil connote que cette autorité " porte " le microcosme du village à la manière d'un atlas maya chargeant le monde sur ses épaules.

Il lui correspond un " travail " ou " service " spécifiques (abtel en tzotzil) qui dure un an pour les charges coutumières (héritées de la Colonie : mayordomo, alférez, mayor, etc.) et trois ans pour les autorités constitutionnelles (maire, syndic) ou agraires (Comité agraire, biens communaux).

L'élu est désigné collégialement après délibération par une convention des Anciens (principales ou pasados). On appelle ainsi les notables retirés d'une charge effective mais ayant parcouru le cycle complet du système des charges. Ce sénat de membres perpétuels est la véritable autorité du village.

L'élection à une charge est un brevet de civisme : elle consacre l'honorabilité du villageois, et elle a presque toujours des candidats. Mais elle est aussi un moyen de pédagogie civique : quand un individu présente le risque de faire bon marché de son identité indienne (en acceptant de nouvelles croyances, en se mariant avec une ladina, en accumulant un capital qui menace l'égalitarisme paysan, en prenant les moeurs de la ville, etc.), il n'est pas rare qu'il soit élu à une charge (contre son gré) afin de le " retzotziliser " en assumant une responsabilité villageoise. Celle-ci, en effet, l'obligera à gérer la tradition (et donc à la réassimiler), à accomplir correctement les rites et cérémonies, à participer aux fêtes et aux juntes locales, et à parcourir le territoire et les hameaux du municipe.

Après l'élection, la charge devient obligatoire : les policiers corporatifs vont alors la notifier chez l'élu pour l'obliger à se présenter et à obtempérer. Son refus sera châtié par la prison ou, dans les cas graves, par l'exil. Pendant l'exercice de ses fonctions, le récipiendaire doit abandonner sa maison et ses parcelles de culture, et transférer son domicile à la cabecera, faisant ainsi la preuve que tout son temps et toutes ses énergies seront mis au service du bien commun sans que rien ne le distraie de ses fonctions communautaires. II devra même demander l'autorisation de ses pairs ou de l'assemblée villageoise pour s'absenter du territoire en dehors des missions spécifiques de sa charge.

L'acceptation de la charge comporte celle d'assurer - aux frais de l'élu - les rites (eau-de-vie des libations, encens, repas officiels, cérémonies religieuses, etc.) et éventuellement les réjouissances populaires qui lui correspondent lors de la fête (pétards, feux d'artifice, costumes, etc). La charge est donc très coûteuse et, en général, ruine l'élu, restaurant ainsi l'idéal de l'égalitarisme paysan. Après son temps de " service ", l'élu rentre dans le rang, et donc normalement retourne à la pauvreté. Idéalement, son prestige ne peut être que moral ; en fait, la corruption et le caciquisme se sont infiltrés dans les villages à partir des années 50.

Le système des charges est l'expression de la démocratie villageoise : non seulement parce qu'il postule idéalement l'égalitarisme, mais aussi parce qu'il assure la représentation démocratique des quartiers ou districts du territoire communautaire (héritage du calpulli préhispanique). Si, par exemple, le maire (ou le majordome, ou le président du comité agraire) sortant vient du quartier X, son successeur devra être choisi parmi les candidats du quartier Y, afin d'assurer une représentation équitative par rotation.

Même si le candidat aspire à une charge donnée (souvent en s'inscrivant sur des " listes d'attente " de plusieurs années), il est de bon ton qu'il s'y refuse en prétextant son incapacité ou sa pauvreté. Si son refus est sincère, il n'aura d'autre issue que la fuite.

Les responsabilités de la charge durent évidemment toute l'année et sont prenantes. Mais elles se nouent et s'expriment lors de la fête villageoise. Il ne faut pas comprendre celle-ci comme " phénomène social total " et comme " simulacre sémiotique " majeur de la vie paysanne. Lors de la fête, le dignitaire de la charge revêt ses vêtements de cérémonie, prend le bâton de commandement, se compromet ludiquement en représentant, célébrant et annonçant ce que le village, symboliquement, a été, est et veut être.

L'éjido

EJIDO : partie de terre communale réservée de droit, par l'État mexicain, aux communautés qui sont responsables de son administration interne et de sa répartition. Cette propriété sociale de la terre est la principale conquête de la révolution de I9IO et est établie par la Constitution de 1917, qui pose également le principe fondamental de la propriété nationale et limite la propriété privée dans son extension. Les terrains de l'ejido sont inaliénables et il est interdit de les laisser en friche plus de dix-huit mois sous peine d'en perdre les droits; mais chaque ejidatario possède l'usufruit individuel de sa parcelle dont ses descendants ont le droit d'hériter. En novembre I99I, le gouvernement a fait voter un amendement à l'article 27 de la Constitution qui met fin à la réforme agraire et ouvre l'agriculture et le secteur de l'ejido à l'appropriation privée et au capital étranger.

La Tierra Madre

Les droits indigènes

Résumé des propositions :

Nous posons la question de notre reconnaissance en tant que peuple et donc du droit à la libre détermination. Dans les faits, cette reconnaissance n'est pas faite avec toute la force de celle contenue dans les instances internationales. Actuellement, elle est reconnue au niveau de l'Etat mexicain mais dans les faits n'est pas appliquée, ce qui sous-entend la mise en place d'une nouvelle relation entre l'Etat et nos populations, ce qui est chaque jour plus urgent.

L'Autonomie est exigée en tant que faculté à s'autodéterminer au sein de l'état mexicain ; comme un droit collectif à la différence et au respect de ses diversités. C'est la condition indispensable pour que nos populations puissent jouir de leurs droits fondamentaux et déterminer leur propre futur.

Est prise en compte la réalité des populations indigènes, c'est à dire :

La reconnaissance de la communauté en tant qu'entité publique avec sa propre vie juridique.

La proposition de renforcement du pouvoir du Municipio en tant qu'institution s'adaptant réellement aux situations particulières des populations indigènes.

La possibilité que ceux-ci s'associent en tant que Populations indigènes pour permettre la coordination de leurs actions.

Tout projet de réforme ne sera élaboré que si on reconnaît qu'elle est possible et que les dispositions pour la rendre effective peuvent être efficaces.

La reconnaissance des droits indigènes est en rupture avec les schémas traditionnels du droit occidental qui sont au service de l'individualisme et de la toute puissance de l'Etat. La reconnaissance des droits indigènes doit s'appuyer sur la reconnaissance d'un système juridique qui reflète la pluralité de l'Etat du Mexique.

Liste de Vidéos disponibles

Bibliographie